Devenir biographe (3)

Une vie paysanne en Berry, de 1882 à nos jours

C’est en vidant la maison de ma mère, après sa mort, l’année dernière, que j’ai compris d’où m’était venue cette envie de devenir biographe.

Il était là, dans la bibliothèque. Un livre au papier jauni, le bord des pages dentelé caractéristique de ces feuilles qu’il fallait séparer au coupe-papier avant de pouvoir lire le texte qu’elles protégeaient du regard.

Une vie paysanne en Berry, de 1882 à nos jours a paru en 1979.

J’étais au collège, en classe de 5ème, et son auteur, Gérard Coulon, était mon professeur de français. Mes parents avaient acheté son livre, récit de la vie toute simple d’un paysan berrichon qui leur ressemblait et m’avaient chargée de lui demander une dédicace.

Je lisais déjà beaucoup, moi aussi. Alors, j’ai lu ce livre. Sans doute plus par curiosité pour cet aspect inconnu de la vie de mon professeur que par réel intérêt au départ : à douze ans, j’étais plus tournée vers l’avenir que vers ces histoires du siècle précédent.

Pourtant, j’aimais écouter ma grand-mère lorsqu’elle me racontait ses jeunes années. Alors je ne tardai pas à me prendre de sympathie, pour ne pas dire de tendresse, pour le vieux Lexande (comme on disait alors en Berry) qui s’était confié.

Je n’ai pas dû être la seule, d’ailleurs, puisque ce récit de vie est régulièrement réédité depuis, sous le titre de Chemin de terre – Une vie paysanne. Signe évident de sa qualité et de l’intérêt du public pour ce genre d’ouvrage.

Gérard n’est plus professeur depuis longtemps : il a quitté l’enseignement au milieu des années 1980. Mais il écrit toujours et il m’a fait l’amitié de rédiger une préface pour moi.

Quant à sa vie paysanne, elle ne quitte plus mon bureau. Je l’ai relue, avec gourmandise, y retrouvant des souvenirs de mon enfance. Et j’aime à penser qu’un jour, aux alentours de 2050, quelqu’un reprendra à son tour avec délice l’un de ces livres qu’aujourd’hui je fais naître et grandir au sein des familles.

La boucle sera alors bouclée… À moins que l’histoire ne recommence ?

5 réflexions au sujet de « Devenir biographe (3) »

    1. Merci, Jean-Philippe, de ton commentaire.
      J’ai quelque chose à te proposer, justement, concernant cette chaîne 😉

  1. Je ne connais pas Georges Coulon, mais depuis l’adolescence j’ai dévoré les livres de Claude Michelet en appréciant pariculièrement « Des grives au loups » et ses suites. L’histoire des paysans et de l’agriculture je l’ai apprise grace à ces livres, pas à l’école… On apprend beaucoup de choses en lisant.
    Valérie

    1. Bonjour Valérie,

      Tout à fait d’accord avec vous : je continue à apprendre beaucoup de choses chaque jour en lisant, sur papier comme à l’écran.
      Si vous souhaitez découvrir le récit de vie publié par Gérard Coulon, il est régulièrement réédité depuis 1979 et s’intitule aujourd’hui Chemin de terre.
      Très bonne lecture :-)

      Florence

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