Je suis Mustapha

je-suis-charliePlus de cinq semaines depuis mon dernier billet, une nouvelle année qui commence, des journées extraordinaires (au sens littéral du mot), chargées de beaucoup d’émotions différentes…

Comment reprendre le cours de mes publications ?

Mon absence de décembre s’explique d’abord par un emploi du temps chargé jusqu’au 19 (notamment du fait de la sortie du tome 2 de ma trilogie : Le chat du jeu de quilles) puis par des vacances en famille en Italie. Ces retrouvailles à quatre se faisant de plus en plus rares, je leur ai clairement et consciemment accordé toute l’importance qu’elles méritaient, reléguant Internet loin à l’arrière-plan.

Ensuite, il y a eu un début d’année chargé, lui aussi… et puis il y a eu Charlie.

Je ne vais pas m’étendre sur ce qui s’est passé : vous en avez tous soupé, que ce soit par le biais des journaux, de la radio, de la télévision ou d’Internet. Il fallait vraiment le vouloir pour réussir à s’extirper du flot ininterrompu d’informations et de cet unanimisme en blanc et gris sur fond noir : « Je suis Charlie ».

Des personnes sont mortes, assassinées par d’autres personnes. Des gens ont été visés parce qu’ils faisaient des dessins. D’autres sont morts parce qu’ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment. Tous ont été tués par des gens se réclamant d’une religion précise : l’islam, et invoquant cette même religion comme raison de leur acte.

Pourtant, parmi leurs victimes directes, il y a des musulmans. Et les musulmans dans leur ensemble sont leurs victimes indirectes par la confusion et les raccourcis que ces actes extrémistes entraînent. Un crime est un crime et n’a rien à voir avec la foi, mais il est si facile de l’oublier !

Alors, plutôt que le « Je suis Charlie » unanime que vous avez vu partout, je préfère lancer « Je suis Mustapha ».

Vous n’avez peut-être pas retenu son nom (comme tous ses confrères, c’était un travailleur de l’ombre) mais Mustapha Ourad fait partie des victimes.

Il était correcteur. Il travaillait pour Charlie Hebdo. Il n’aurait pas dû être là ce mercredi matin, mais le hasard en a voulu autrement.

Il était musulman, comme ses meurtriers. Mais seuls ces derniers étaient des extrémistes.

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2 réflexions au sujet de « Je suis Mustapha »

  1. Bonjour Florence,
    Merci pour votre billet qui pousse toujours à la réflexion.
    Certes, j’éprouve une grande tristesse pour les victimes de ces attentats et une profonde compassion pour leurs proches qui sont en ce moment dans le deuil et la douleur. Personne ne mérite de mourir assassiné.
    Je suis chrétienne, j’aime mon prochain et je ne souhaite la mort à quiconque, même pas à mon ennemi. Mais je ne peux, en aucun cas, m’identifier à ce journal qui offense outrageusement la foi de millions de croyants. Je suis pour la liberté d’expression, mais dans le respect d’autrui.
    Je suis surtout en colère contre ce gouvernement qui n’a pas su anticiper ces massacres. Prendront-ils enfin les mesures nécessaires pour que de tels actes ignobles ne se reproduisent plus ? Sont-ils prêts à se remettre en question ? Se posent-ils la question de savoir comment prévenir la radicalisation des jeunes musulmans ?
    Et nous, que pouvons-nous faire, à titre personnel, pour une société plus fraternelle ?
    Sincèrement,
    Angélique

    1. Bonjour Angélique,

      Merci pour votre commentaire :-)
      Je crois que nous sommes nombreux, une fois l’émotion de l’horreur passée, à nous poser des questions et à nous demander ce qu’il aurait fallu et ce qu’il faut faire pour que ce genre de chose n’arrive pas.
      Cet élan international autour du slogan « Je suis Charlie » fait chaud au cœur. Dans cet article, j’ai juste voulu souligner qu’il y avait des musulmans des deux côtés, chez les tueurs comme chez les victimes, et qu’il ne fallait pas faire de raccourci hâtif.

      Florence

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