Rien ne s’oppose à la nuit

Rien ne s'oppose à la nuit

Ce livre de Delphine de Vigan m’a bouleversée.

Je l’ai abordé avec mon œil de biographe, car il y a bien sûr quelque chose de l’ordre du récit de vie dans ce texte d’une fille qui raconte celle qui l’a engendrée.

Et puis je l’ai terminé dans la peau de l’enfant qui a perdu sa mère.

Bien sûr, les circonstances n’ont rien à voir. Mais la douleur est universelle. Et terriblement bien décrite dans ces pages.

C’est aussi un livre qui donne à voir tout ce que peut apporter l’écriture. Ou, plus simplement, le fait de raconter. Raconter son vécu et celui de ses proches.

Le poids des mots, mais aussi le poids qu’ils enlèvent des épaules.

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire.
La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance.
Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des
morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence.
Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. »

Des larmes me sont venues aux yeux à la lecture de ces pages. Celles-là même qui s’y invitent encore de temps en temps lorsque je repense à ma mère.

Ce soir encore, sur la route qui me ramenait chez moi, cette petite route de campagne qui serpente sur le plateau du sud des Grands Causses, alors que le coucher du soleil s’étirait en filaments enflammés tout le long de l’horizon, au ras du sol, en-dessous des nuages, comme un rai de lumière au bas d’une porte.

Mais ces larmes ne sont plus le signe du chagrin ; je les ressens comme de l’amour qui s’envole pour éclairer la nuit.

Si Rien ne s’oppose à la nuit, des tas de choses peuvent l’illuminer.

Ce livre en fait partie. Lisez-le !

8 réflexions au sujet de « Rien ne s’oppose à la nuit »

    1. Bonsoir Jean-Philippe,

      Quand on écrit avec ses tripes (ou son cœur), les lecteurs le ressentent toujours… mais tu sais ça depuis longtemps !
      Delphine de Vigan le fait terriblement bien. Je suis sûre que son livre te touchera autant que moi.
      Bonne lecture :-)

      Florence

  1. Bonsoir Florence,

    Ce livre fait partie de ma check-list d’achat de livres pour l’année 2013.

    J’ai vu Delphine de Vigan en parler à la télé et j’ai immédiatement eu envie de la lire…

    je te ferai un retour lorsque cela sera fait.

    Bonne fin d’année et bonne année 2013 !
    Patricia

    1. Bonjour Patricia,

      J’espère que tu retireras de cette lecture autant de plaisir et d’émotion que moi.
      Au plaisir de lire ta réaction :-)

      Florence

  2. Bonjour,
    ma belle-fille m’a prêté ce livre que j’ai lu avec beaucoup de plaisir.
    L’histoire est touchante, joliment écrite. Je partage votre avis, c’est plein d’émotions.

    Marie

    1. Bonjour Marie,

      Les émotions sont en effet bien là, et surtout (je trouve) très bien rendues.
      C’est le genre de livre qui ne peut que vous remuer… et vous donner envie de lire d’autres livres de cet auteur !

      Florence

    1. Bonjour Elsa,

      Merci pour ton commentaire. Pour ma part, c’était le premier livre de Delphine de Vigan que je lisais. Il m’a clairement donné envie de découvrir les autres !

      Florence

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